Bonjour à tous !
Chers ami(e)s lecteurs et lectrices, aujourd'hui je vous évoquerais le second chapitre consacré à l'histoire de l'Hôpital d'Auxonne. Nous découvrirons donc ensemble les premiers hôpitaux Auxonnais ainsi que les débuts primitifs de la médecine à Auxonne.
Une léproserie est un ancêtre de l'hôpital destiné à soigner les malades atteints de la lèpre. La date d'apparition et de disparition de la léproserie d'Auxonne ai inconnu, toutefois elle aurait pu apparaitre au 11 voir 10ème siècle. Elle était située au bord de la route de Dole (cette route n'existe plus), plus précisément au pâquier de la Maladière vers l'étang de Villers-Rottin. La léproserie était appelée parfois sous un autre nom, la maladrerie peut-être à cause de son emplacement. La léproserie possédait également une chapelle dédiée à Sainte-Anne, cette dernière sera détruite en 1635 suite à l'arrivé de l'ennemi. La léproserie, aprés la fin du fléau de la peste changea de lieu et de nom, en 1700 Claude Courtépée, Historien et abée reconnu pour son intelligence sur l'histoire de la Bourgogne, avait dit quelle existait encore, sa destruction aurait eu lieu vers 1730.
La médecine reste rudimentaire en Europe, mais elle améliore tout de même. Les Maisons-Dieu ancêtres des Hôtels-Dieu donc des hôpitaux se multipient un peu partout en Europe. La Maison-Dieu d'Auxonne apparait en 1240 c'est Perron de Saint-Seine (chevalier et seigneur de Villers-les-Pots) qui la fit construire. Il l'avait construite pour "les passants besoigneux, au chief de la chaucie". La Maison-Dieu était situé au nord-ouest d'Auxonne précisément sur l'actuelle Chapelle de la Levée. La Maison-Dieu sera reconstruite vers 1295 par Jean d'Auxonne. Elle disparaîtra suite à la Guerre de Cent Ans, puis elle sera reconstruite en 1429 par Hugues d'Orges, évêque de Chalon. La Chapelle de la Levée sera édifié en 1520 par Jean Vatel. La Chapelle de la Levée prit la fonction de Maison-Dieu après la destruction de cette dernière. Aujourd'hui la Chapelle de l'ancienne Maison-Dieu Notre-Dame, dite Chapelle de la Levée existe toujours, elle est aujourd'hui quasiment à l'abandon, elle est situé sur le terrain de Villers-les-Pots malgré qu'elle soit classée au titre des Monuments Historiques à Tillenay (depuis 1932) et que le propriétaire soit la Ville d'Auxonne (1867) ! La Maison-Dieu à donc un rapport avec l'histoire d'Auxonne puisqu'elle sera tenue pendant plusieurs années par des prêtres Auxonnais et puis elle appartient à Auxonne depuis bientot 160 ans, elle connaitra également les visites du jeune lieutenant Bonaparte alors en garnison à Auxonne.
Une maladrerie est destinée à soigné la population urbaine ainsi que la population maraichère. La Maladrerie fut construite à la fin du 13ème siècle, sur l'ancien chemin de Labergement au lit dit Patis de la Maladrerie, aujourd'hui l'ancien chemin de l'Abergement est devenu : Rue du Vieux chemin de Labergement. La Maladrerie possédait également une chapelle, cette dernière sera détruite en 1509 puis elle sera réédifiée au milieu du cimetière grâce à l'accord de l'archevêché de Besançon, du maire de Troyes Jean Lebon ainsi que le curé Guillaume Naichard. En 1639 l'édifice sera démoli (alors qu'il tombait en ruine) par le Prince de Beauffremont, il y établit ses troupes ainsi qu'une redoute pour ce défendre des attaques des armées de la Fronde commandé par Louis II de Bourbon-Condé.
Ces divers petits établissements suffisaient pour Auxonne, mais la Guerre de Cent Ans, la propagation de la peste ainsi que l'augmentation de la population d'Auxonne nécessitait la demande d'un Hôpital. En 1374 fut construit officiellement le premier Hôpital Auxonnais. Le premier Hôpital était situé entre la Maladière et la Ville, précisément au faubourg Pantesson. Les Auxonnais avaient étés encouragés par les paroles et les aumônes du curé Laurent de Grayaco ainsi que le maire Perrenot de Mailly. L'Hôpital était certes modeste mais il suffisait pour la ville d'Auxonne, car les nobles n'y allaient pas et les familles restaient parfois dans leurs chaumières pour évité de surcharger le petit Hôpital. Quand une personne était malade, les voisins de la même rue allaient l'aider, ils apportaient de la nourriture, des médicaments etc. Mais en 1418 le petit Hôpital situé au faubourg Pantesson prit feu, malgré le courage et le dévouement des Auxonnais rien ne substitua, le bâtiment ainsi que le mobilier furent complétement détruit.
Suite à la destruction de l'Hôpital à cause d'un incendie les malades se tournèrent vers le Couvent que venait de construire Sainte Colette (voir l'article : L’ancien château d’Auxonne situé jadis sur l’emplacement de l’actuel Centre Hospitalier d’Auxonne.). Les pauvres allaient ainsi aux portes du Couvent où du pain et du vin leurs fut donnés.
En 1421 grâce à M. Nicolas Testolin, curé d'Auxonne ainsi que le Duc Philippe le Bon, l'Hôpital pu être reconstruit. Des donateurs vinrent aidés pour la reconstruction, M. Amyot Viard eu été le plus gros donateur. L'Hôpital fut reconstruit vers l'église à l'angle nord-ouest de la Rue du Bourg, il disposait de plusieurs salles. Les Auxonnais apportèrent des provisions, car l'Hôpital récemment construit n'avait pas de patrimoine. Le Duc Philippe le Bon, en récompense du dévouement des Auxonnais les affranchis d'impôts. Marguerite de Bavière (veuve de Jean-sans-Peur) accorda du lait de ces étables des Granges aux malades. Tout se passait pour pour le mieux, mais une nuit de 1424 l'Hôpital fut comme son prédécesseur détruit par le feu, ce dernier s'attaqua même à une partie de la ville.
Après ce nouvel incendie Philippe le Bon eu de nouveau pitié pour les pauvres Auxonnais, il les exonéra pendant dix ans de certaines taxes, leur autorisera de faire battre monnaie ainsi que de couper du bois dans ces forêts de Pontailler-sur-Saône, de Laperrière-sur-Saône et de Soirans.
Nous avons donc vu ensemble les divers établissements qui servirent pendant plusieurs dizaines d'années d'hôpitaux primitifs. Le premier Hôpital officiel est celui construit en 1374, ceux antérieurs à cette date sont reconnus comme Maison-Dieu, léproserie etc. Nous verrons dans le troisième et dernier article consacré à l'histoire des Hôpitaux d'Auxonne, que les Hôpitaux ainsi que la médecine se stabiliseront et s'amelioreront grandement. Je vous dit rendez-vous d'ici environ quinze jours pour la nouvelle rubrique consacrée à une figure Auxonnaise (voir l'article : Modification du nombres d'articles parut mensuellement.).
Lecteurs, lectrices, je vous souhaite une bonne journée
Lohann Poulot--Scheider
Sources : Par mes connaissances personnelles, mais aussi ; "Histoire de l'Hôpital d'Auxonne (1374-1884)" de Jacques Théodore Bizouard, Chapelle de la Levée d'Auxonne-POP-Plateforme Ouverte du Patrimoine ainsi que "Un jardin aux Granges d'Auxonne" de Claude Pichard. Je tiens également à remercier pour leurs amicales et chaleureuses participations M. Gwenael Allegranza ainsi que Mlle. Kathleen Poulot--Scheider