Bonjour à tous !
Chers lecteurs et lectrices, après avoir évoqué le Chanoine Kir dans nos deux derniers articles nous revenons dans notre ville de garnison afin de découvrir l'histoire d'un haut lieu gastronomique et historique auxonnais : l'Hôtel-Restaurant "Le Corbeau".
Avant l’Hôtel-Restaurant
Le bâtiment est un des plus anciens d’Auxonne à être encore présent. Selon Pierre Camp (Historien de la ville au XXème siècle), les deux arcades datent du XVème1. Par ailleurs, la ville d’Auxonne accueillit jusqu’à trois couvents : celui des Clarisses (1412), celui des Capucins (1618) et celui des Ursulines (en 1625)2. C’est ce dernier qui nous intéresse, le Couvent des Ursulines de 1627 à 1645 se tiendra dans les murs du « Corbeau »3. Entre ces murs, Barbe Buvée y deviendra religieuse, pour rappel Barbe Buvée sera accusée de sorcellerie de 1658 à 1663 dans l’Affaire des possédées d’Auxonne4. En 1645, les sœurs s’installeront Rue aux Fèvres (aujourd’hui appelée Rue Davot)5. En 1826, le bâtiment appartiendra à un certain Ouvet, officier du Génie à Auxonne, le bâtiment lui servira de maison6.
Les débuts sous l'ère Corbot
L'Hôtel-Restaurant "Le Corbeau" est un établissement très ancien, il fût très probablement créé par M. Pierre François Corbot, dans les années 18507. À cette époque Pierre Corbot, natif de Flammerans, semble posséder beaucoup de patrimoine8. L'Hôtel-Restaurant du Corbeau s'appelait en ce temps-là "Le Corbot", on ne peut s'empêcher de faire un lien avec Pierre Corbot, il semble être le seul à porter ce nom à Auxonne, il exerce la profession de cabaretier ou restaurateur, dans les années 18809. Néanmoins, "l’Hôtel au Corbeau" est mis en vente à la fin de l'année 1887, l'annonce fait déjà état d'un des établissement "les plus anciens de la ville"10.
Pierre François Corbot décédera le 11 mai 1905 à Auxonne à l'âge de 74 ans11. Sa femme, Joséphine Garnier, avec qui il s'était marié en 1860 à Auxonne, décédera le 21 juin 191612. L'affaire ne sera pas reprise par les enfants du couple Corbot, leurs fils est mort jeune et leurs deux filles deviendront respectivement modiste et coiffeuse13.
A partir du XXème siècle
En 1900, l'établissement appartiendra à M. Giboulet et il sera renommé "Au Corbeau"14. A partir de 1908, M. Victor Genestier-Cavaillé en est le propriétaire, à cette époque l'établissement est une petite auberge15. Puis en 1913, il appartiendra à Monsieur Rey16. Plusieurs propriétaires se succèdent entre la Première et la Seconde Guerre Mondiale17.
En 1950, l'établissement est acquis par Monsieur Jean Houbron, ce dernier en fait un Hôtel-Restaurant renommé dans toute la région18. La façade de l’Hôtel-Restaurant du « Corbeau », est rénovée dans les années 196019. Jean Houbron, conquit les papilles de ses clients grâce à sa célèbre Oignonade, plat à base d'oignons qu'il a créé lui-même20. Son créateur remportera d'ailleurs la Poêle d'Or en 1972 grâce à son mythique plat21. Jean Houbron dirigera pendant plusieurs décennies son établissement avant d’être racheté par Monsieur Henderix22.
Aujourd'hui plus de cent quarante ans plus tard, l'hôtel-restaurant du Corbeau est encore ouvert et il propose toujours sa fameuse Oignonade. Depuis quatre années l'établissement a été repris par le groupe local Home Cooking, il est ouvert du lundi au dimanche de 12 à 14h puis de 19h à 21h.
Conclusion
J'espère que cet article vous aura plu, lors de notre prochaine publication nous évoquerons une vieille entreprise familiale horlogère qui été installé à Auxonne à la fin du XIXème siècle, dont j'ai retrouvé des traces il y a quelques semaines.
Vous souhaitant une bonne journée et vous remerciant pour votre lecture,
Lohann Poulot--Scheider
Sources : 1 « Guide Illustré d’Auxonne » page 75, par Pierre Camp (1969), 2« Guide Illustré d’Auxonne » pages 14 et 22, par Pierre Camp (1969), 3« Guide Illustré d’Auxonne » page 75, par Pierre Camp (1969), 4 « Une Affaire de possession au XVIIème siècle » pages 15 et 16, par Benoît Garnot (2018), 5« Guide Illustré d’Auxonne » page 22, par Pierre Camp (1969), 6Plan du cadastre napoléonien-3 P PLAN 41/20 (section l1) et Etats des sections du cadastre napoléonien 3 P ES 41-1/9-Section I (page 6), 7 et 8Genanet, 9Rétronews et Geneanet, 10Le Progrès de la Côte-d'Or, 30 déc. 1887, p. 4/4, 11, 12 et 13Geneanet, 14, 15, 16, 17 et 18https://www.facebook.com/photo.php?fbid=3403064279794448&id=150398471727728&set=a.3361982480569295, 19« Guide Illustré d’Auxonne » page 75, par Pierre Camp (1969), 20et21Confrériedel’Oignond’Auxonne,22https://www.facebook.com/photo.phpfbid=3403064279794448&id=150398471727728&set=a.3361982480569295.
Photographie n°1 : le marché aux choux-fleurs au début du XXème siècle. Source : collection privée. Photographie n°2 : un agrandissement de la première photographie, on peut y voir au centre l’hôtel-restaurant « Le Corbeau » au début du XXème siècle avec ses deux arcades.
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