80ème anniversaire de l'Armistice et de la Victoire du 8 mai 1945
Bonjour à tous !
Chers lecteurs et lectrices, aujourd'hui dans le cadre de la mise en valeur d'une commune situé au alentours d'Auxonne et toujours en lien avec le 80ème anniversaire de l'Armistice et de la Victoire du 8 mai 1945 je vous propose la biographie d'un aïeul ayant vécu aux alentours de Seurre. Cet aïeul par alliance, dont je ne possède pas le sang (mon arrière-grand-mère c'est remarié avec ce résistant après le décès de mon arrière-grand-père, décédé jeune), fût résistant et maire de sa commune durant plusieurs année.
Robert Jules Marie Berthelemot, né le 22 septembre 1922 au 37 rue Amiral Roussin à Dijon. Le 2 septembre 1939, jour de mobilisation général, il n'est pas mobilisé, il est âgé de presque 17 ans et la mobilisation concerne les hommes âgés de 18 à 45 ans.
Plus tard il entrera dans la résistance dans un des fameux réseaux Buckmasters, étant un des 5 000 agents de la Section F du Special Operations Executive (SOE). Cette dernière était directement placé sous la tutelle du gouvernement britannique. Les réseaux Buckmasters bien que résistants ne furent pas rattaché aux FFI puisqu'ils dépendent directement du gouvernement d'Angleterre et non du Général de Gaulle.
Robert Berthelemot fit partie du réseau Jean-Marie qui opérait dans l'Yonne mais qui disposait de diverses antennes à Paris, dans les Bouches-du-Rhône, en Côte d'Azur, en Côte d'Or, en Dordogne, dans l'Ile-de-France, en Isère, dans le Jura, dans la Loire, dans le Loiret, en Lorraine, à Monaco, en Normandie, dans l'Oise, les Pyrénées, la Saône-et-Loire et en Savoie.
Hélas une partie du réseau est arrêté et il fera partie des 275 déportés que subira le réseau, 112 périrons. Il sera déporté dans un camp en Allemagne d'où il arrivera à s'évader. Il rentrera du camp en France à pied, mangeant de la viande crue la nuit pour ainsi éviter de se faire repérer.
Après la guerre, par décret du 31 mars 1947 (publication du décret le 13 juillet 1947) il est fait décoré de la Médaille de la Résistance Française. Médaille récompensant les honorables exploits de certains résistants et résistantes, dont par exemple : Joséphine Baker, Louis Aragon, l'Abbé Pierre, Pierre Mendès France entre autres se verront attribués cette décorations.
Un peu plus tard il devient cuisinier sur des paquebots ou il côtoie, entre autres, l'ile de Madagascar.
Dans les années 50 il revient dans sa région natale pour s'installer à Pouilly-su-Saône. Il devient Maire de Pouilly-sur-Saône en 1959. Vers 1960, au moins, il devient propriétaire du Café-Hôtel-Restaurant Louchard situé à Pouilly-sur-Saône. Excellent chef cuisinier, il est hautement réputé dans la région (et même en dehors) pour sa pôchouse (voir ci-dessous).
Il à un fils et il vit avec alors Adrienne Lemonnier. En 1974, il se marie avec mon arrière-grand-mère, Suzanne Gaufinet veuve de Camille Poulot (mon arrière-grand-père).
En 1979, après trois mandats de Maire à Pouilly-sur-Saône il ne se représente pas aux élections municipales. En 1984, il arrête son activité d'hôtelier-restaurateur vendent son fond de commerce mais gardant les murs de l'établissement.
Au début des années 90 il se voit remettre le titre de Chevalier de la Légion d'Honneur pour ses faits de résistances. Hélas peu de temps après cette heureuse nouvelle l'hôtel-restaurant subit un important incendie. Ayant subit d'importants dégâts il décide de ne pas restaurer l'établissement et il vend le terrain ou était situé les ruines de ce dernier à la municipalité de Pouilly-sur-Saône en 1996. La Municipalité construira une nouvelle Mairie en lieux et place de l'ancien établissement.
Dans le milieu des années 2000 il entre, avec mon arrière-grand-mère à la maison de retraite de Seurre. Robert Jules Marie Berthelemot s'éteindra le 13 avril 2011 à Seurre à l'âge de 88 ans, quand à mon arrière-grand-mère elle s'éteindra en 2010.
Suite à un accident de tracteur, dans les années 1990, Robert Berthelemot ne disposait que d'un œil. Il fût également le dernier pêcheur professionnel sur la Saône, étant quotidiennement sur une barque à l'affut de poisson pour alimenter son restaurant et cuisiner sa fameuse pôchouse.
Lors de nôtre prochain article nous reviendrons dans nos terres auxonnaises pour évoquer les refus de certains auxonnais à se soumettre aux volontés allemandes en 1944.
Aux résistants français ou non, qui de part leurs bravoures sauvèrent, pour certains aux périls de leurs vies, la France,
Sources : le site "Mémoire des Hommes, portail culturel du Ministère des Armées", le site "Musée de la Résistance en ligne", les archives de la Mairie de Pouilly-sur-Saône, le site Geneanet, la Bibliothèque Nationale de France (BNF) ainsi que quelques éléments familiaux. Je tiens à remercier pour leurs aimables contributions et accords : son fils Jean-René, la Mairie de Pouilly-sur-Saône, ma famille dont mes parents ainsi que ma tante.
Lohann Poulot--Scheider
Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas.
Photographie n°1 : mes arrières-grands-parents lors de la remise de sa Légion d'honneur. Source : collection privée de M. Jean-René Berthelemot. Photographie n°2 : l'Hôtel-Restaurant Louchard, propriété de Robert Berthelemot situé à Pouilly-sur-Saône. Source : Mairie de Pouilly-sur-Saône. Photographie n°3 : la Mairie de Pouilly-sur-Saône aujourd'hui, construite sur l'ancien terrain de l'Hôtel-Restaurant Louchard. Source : collection personnelle. Photographie n°4 : l'Hôtel-Restaurant Louchard peu après l'important incendie qu'il a subit. Source : collection personnelle de M. Jean-René Berthelemot.