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La Statue Bonaparte, genèse d'un long et grand projet napoléonien.

 Article n°12 du 10 août 2024

Bonjour à tous ! 

Chers ami(e)s lecteurs et lectrices, aujourd'hui, je vous évoquerai la statue Bonaparte située sur la Place d'Armes. Avant de vous parler de ce bel édifice, je vous parlerais des projets napoléoniens qui furent dans les tiroirs de la ville d'Auxonne avant la construction de cette statue. Je n'ai pas choisi de faire un article sur Bonaparte par hasard, car dans cinq jours, il y a 218 ans, nous aurions célébré la Saint-Napoléon ! Napoléon décréta qu'à partir de 1806, tous les 15 août (jour de sa naissance) serait célébré la Saint-Napoléon. Je ferai spécifiquement un article en dehors de nos rendez-vous normalement programmés le 15 août à ce sujet. En première partie de cet article, je vous évoquerai les projets successifs puis en seconde partie je vous évoquerais la statue actuelle.

Un buste et trois projets 

Le buste : 

Quelques années seulement après les séjours de Napoléon à Auxonne, la ville décida de rendre hommage à ce grand homme d'État. En effet, en 1801, la municipalité ordonna la construction d'un buste, qui fut réalisé par le sculpteur Larmier de Dijon. Le buste sera exposé dans l'Hôtel de Ville jusqu'en 1815, il sera détruit cette même année par un commissaire de police, les idées bonapartistes n'étant plus aux sommets de leurs gloires à cette époque. 

Premier projet :

Quelques années après la construction du buste, en février 1806, la municipalité eut pour projet de faire édifier un monument en face de l'Hôtel de Ville. Ce projet n'aura aucune suite, peut-être pour des raisons financières.

Second projet :

En 1811, il est envisagé de construire un arc de triomphe. Ce dernier aurait été situé à l'entrée de la ville sur la tête de l'actuel pont de France. Ce projet vit le jour probablement parce que l'Empereur était en train de construire le sien à Paris. Le projet resta à l'état de plans et de dessins. Dommage, peut-être aurions-nous connu l'avenue des Champs-Élysées et la place de l'Étoile à Auxonne ! 

Troisième projet :

En 1840, le mouvement bonapartiste revient à la mode. Louis-Philippe, le roi de France à cette époque, décide de faire revenir le corps de l'Empereur (décédé le 5 mai 1821 à Sainte-Hélène, il repose depuis cette époque à cet endroit) en France, il espère ainsi apaiser les tensions entre bonapartistes et royalistes. La même année, le département de Côte-d'Or ouvre une souscription pour édifier un monument en l'honneur de l'Empereur. La ville d'Auxonne fait dons de 5000 francs (germinal) pour construire cet édifice, à condition qu'il se trouve dans sa municipalité. Dijon refusera et construira un buste qui restera dans la capitale Côte-d'Orienne. Le rêve Auxonnais de voir un jour un monument digne de ce nom pour Bonaparte est enterré, du moins pendant encore une dizaine d'années. 

Un monument à envergure plus que municipale

Le 2 décembre 1851, Louis-Napoléon Bonaparte, président de la République, fait un coup d'État. Un an plus tard, le 2 décembre 1852, il est sacré Empereur. Les mouvements bonapartistes sont à leur apogée, l'idée d'un nouveau projet Auxonnais resort des tiroirs. À l'automne 1852, le projet est de nouveau relancé, mais à initiative en partie privée. C'est le baron du Teil, petit-fils du général Jean-Pierre du Teil (ce dernier a commandé Bonaparte lors de ses séjours à Auxonne) qui relance le projet. En édifiant une statue en l'honneur de l'Empereur, il espère rendre hommage à son ancêtre. En 1852, le sculpteur Auguste Le Chesne est sollicité pour ce projet, comme pour le sculpteur Rochet en 1853.

Mais en 1853, la municipalité s'inquiète de ce projet et le maire d'Auxonne écrit même une lettre au préfet pour lui faire part de ses inquiétudes. Le projet du baron du Teil est donc mis en suspend. La même année, le sculpteur François Jouffroy, de renommée nationale, fait part de ce projet au ministère de l'Intérieur. Il espère que la réalisation du projet lui sera confiée, il propose un devis de 12 000 francs (germinal), montant correct puisque le prix de la réalisation d'une statue s'élève généralement entre 8 000 et 15 000 francs (germinal).

Le conseil municipal vote à l'unanimité une somme de 5 000 francs (qui peut-être être renouvelable). Le projet est approuvé par un décret impérial, le Préfet lance une grande souscription départementale pour que les communes puissent aider financièrement Auxonne, en 1854. Jouffroy propose quatre modèles différents, ils seront éliminés, car leurs coûts sont jugés trop élevés. Le projet le moins cher s'élève à 17 000 francs (germinal)(5 000 francs, germinal, de plus qu'au départ) et le plus cher s'élève à 35 000 francs (germinal), soit prêt de trois fois l'estimation de Jouffroy au départ ! La même année, l'architecte de la ville, Claude Phal-Blando, propose un projet au Conseil général des Bâtiments civils (filière des Beaux-Arts), le projet sera refusé pour diverses raisons.

En 1855, sont déjà décidés les quatre bas-reliefs : avec Napoléon en tenue d'officier d'artillerie, la bataille du Pont d'Arcole, Napoléon législateur et le sacrement. Il est aussi déjà décidé de construire le piédestal en pierre de Comblanchien et de placer la statue en face de l'Hôtel de Ville, bien que ce dernier sera restauré. Le terrain de l'actuelle Place d'Armes fut également restauré pour ne former qu'une seule et grande place. L'édification de la statue débuta en janvier 1856 et se termina durant l'été 1857. La statue sera inaugurée le 20 décembre 1857. François Jouffroy et Claude Phal-Blando superviseront en grande partie le chantier. Le monument sera élevé avec un coût de tout de même 27 345,10 francs (germinal) ce qui représenterait aujourd'hui plus de 60 000 euros. Les principaux contributeurs seront :

  • Certaines communes du Département.
  • Le Département ayant participé à hauteur de 3 000 francs (germinal).
  • Des conseillers généraux à hauteur de 570 francs (germinal).
  • L'Empereur Napoléon III à hauteur de 1000 francs (germinal).
  • La ville d'Auxonne à hauteur de 17 163 francs (germinal).
  • Ainsi que quelques particuliers (germinal).

Ces sommes repraisentaient beaucoup d'argent pour l'époque, bien qu'aujourd'hui elles nous paraissent infimes. La ville d'Auxonne s'endeterra d'ailleurs plusieurs années suite à l'édification de la statue.

Conclusion 

La statue repose ainsi en face de l'Hôtel de Ville depuis près de cent soixante-sept ans. Avant de vous quitter et de vous proposer la devinette Auxonnaise, je vous joins ci-dessous un extrait du livret rédigé par M. J. Bernard, Principal du collège d'Auxonne, au sujet de la statue :

« Aucune souscription n'eut été, que la pensée d'ériger une statue à l'Empereur n'en eut été pas moins exécutée. Car si, comme l'a dit autrefois un ministre :  La France est assez riche pour payer sa gloire, la ville d'Auxonne de son côté est assez riche pour payer les monuments qu'elle élève, surtout lorsqu'en consacrant les glorieux souvenirs du passé, ils contribuent à l'orner et à l'embellir. »

La devinette auxonnaise, indice n° 6

Ces événements, car ils sont deux, le premier ayant déclenché le second, le second se déroulera à Auxonne, ces événements donc se dérouleront au XXe siècle. Chers lecteurs et lectrices, peut-être commencez-vous à voir ce dessiner le sujet du mois de septembre ?

Sources : la brochure "La statue de Bonaparte à Auxonne" sous la direction de Fanny Manceaux et Philippe Poirrier ainsi que le livret "Statue de Napoléon Ier à Auxonne" notice historique par M. J. Bernard.

                                                                                   Lohann Poulot-Scheider 

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La Statue Bonaparte situé sur la Place d'Armes. Photographie diffuser par l'ARC.

La Statue Bonaparte situé sur la Place d'Armes. Photographie diffuser par l'ARC.

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